Moins de 500 « teufeurs » à Auberive dans la Marne
Une Rave party bien sage :-)
En refusant de participer au teknival de l'Eure, les organisateurs du rassemblement marnais ont voulu casser l'image « négative » des rave parties.
Des détritus déjà entassés dans des sacs poubelles. Des véhicules correctement stationnés. Un champ identifié et démarqué pour ne pas empiéter chez le voisin. La rave party organisée hier soir par l'association « K1 Résistance » sur un terrain privé de la commune d'Auberive, près de Reims, prenait plus des airs de garden party que de véritable teknival. À 21 heures en tout cas.
Tradition oblige, celle du 1er mai, les amateurs de musique techno se retrouvent pour faire la teuf. En 2008, les organisateurs avaient déjà choisi ce terrain classé en zone rouge, puisque se situant sur d'anciens champs de bataille, pour une rave party qui n'avait pourtant rassemblé que 250 raveurs. Arrivé jeudi soir, la fête a commencé en comité restreint, avant de battre son plein au cours de la nuit de samedi à dimanche.
Cette année, l'association avait décidé de ne pas se joindre au teknival organisé dans l'Eure. L'annonce de ce rassemblement marnais n'avait d'ailleurs pas circulé sur la toile. « C'est le bouche-à-oreille qui amène les gens ici ! », assure l'un des organisateurs.
Pour la musique... et l'ami John
Si l'autorisation de la préfecture n'est pas requise pour une rave party rassemblant moins de 500 participants, les diverses associations organisatrices issues de la région Champagne-Ardenne, notamment JanotSound System et Aztek, ont voulu agir dans les règles : « Nous avons prévenu les gendarmes de notre arrivée, il y a 48 heures ». Effectivement, vers 21 heures, seul un véhicule de gendarmerie se trouvait aux abords du champ. « On veut véritablement casser l'image que le public a de nous. Ici, 90 % des participants ont un emploi. Les mentalités évoluent parmi les amateurs de musique techno et on veut le prouver ».
Bien sûr, ici, on ne se voile pas la face. « Pas question de dire que la drogue ou l'alcool ne circulent pas ! En revanche, contrairement aux grands rassemblements, il n'y a pas de vente de ces produits. Ici, on vient pour la musique ». Le message est clair !
Les « teufeurs » ont également du c½ur. « Initialement, ce type de rassemblement sert à financer du matériel. Mais là, on fait une exception », insiste l'un des organisateurs. « On a un pote belge, John, qui souffre d'une maladie génétique et qui se trouve actuellement en soins intensifs. Avec Odile, sa femme, ils ont décidé de bâtir leur maison, mais la maladie de John empêche les travaux d'avancer ».
Les fonds récoltés à l'occasion de ce rassemblement du 1er mai serviront à les financer. Une décision prise collégialement avant le début de la fête. Une fête qui devrait se poursuivre jusqu'à ce midi, avant de voir partir le gros des participants en fin de journée. « Juste après avoir nettoyé le terrain... »
Corinne LANGE
Article paru le : 3 mai 2009 dans l'Union